Pourquoi ? Pour deux raisons : 1) tout le monde n'a pas la chance d'avoir un jardin 2) le particulier qui va lire cet article n' est pas celui qui gaspille le plus l'eau. L'article risque donc d'être 1) frustrant et 2) inutilement culpabilisant.

Mais, ce qui est promis est promis ! Je m'exécute donc , en rappelant toutefois en préambule, pour atténuer le deuxième risque, que l'agriculture intensive est un consommateur d'eau dans des proportions bien plus considérables que le particulier lambda. D'après le CNRS, l'agriculture utilise à elle seule, via l'irrigation, 70 % des prélèvements mondiaux en eau. Dans le même temps, en France, sa participation financière aux redevances est inversement proportionnelle à sa contribution à la pollution de la même eau ! C'est ce que révèle un article du Que choisir ? du mois de mai. On peut y lire notamment que pour le bassin Seine-Normandie (celui qui nous concerne à Saint-Michel-sur-Orge) « les agriculteurs, qui polluent 87 % des nappes souterraines, versent...0,5 % du total des redevances, quand les ménages, eux, contribuent à 92,7 % ! »

En attendant que les pratiques agricoles et la loi (sur l'eau) changent, il n'est pas interdit de gérer au mieux ce bien précieux qu'est l'eau, ne serait-ce que pour notre porte-monnaie. Alors quelles mesures j'essaie de mettre en oeuvre dans mon jardin pour ne pas trop gaspiller l'eau ?

  1. je récupère l'eau de pluie. Un des versants du toit de ma maison est relié d'origine à une cuve en maçonnerie de 580 litres. Par ailleurs, je capte l'eau du toit d'un abri de 1,80 m X 1,80 m dans un conteneur plastique de 114 litres acheté dans un magasin de bricolage ;

  2. quand l'eau de pluie ne suffit pas, je récupère l'eau de rinçage de la cuisine ;

  3. je tiens compte des prévisions météo (elles sont de plus en plus fiables) pour ne pas arroser la veille d'une journée d'averses !

  4. par grosses chaleurs, j'arrose plutôt le soir ou tôt le matin (pour diminuer l'évaporation)

  5. avant arrosage, je tâche de rendre perméable la surface du sol en cassant la croûte qui se forme après plusieurs jours de temps ensoleillé (cette opération est appelée binage dans les revues de jardinage) Ceci évite le ruissellement de l'eau à la surface du sol

  6. je ménage de petites cuvettes au pied des plantes pour éviter la dispersion de l'eau

  7. j'arrose en 2 ou 3 fois (espacées d'une minute, par exemple) pour laisser à l'eau le temps de s'infiltrer ;

  8. là où le sol est trop sablonneux, j'ajoute du compost pour améliorer son pouvoir de rétention d'humidité.

Voilà, cela n'a rien de révolutionnaire et il existe bien d'autres mesures simples pour économiser l'eau au jardin. Mais je me suis volontairement limité à celles que je pratique.

Enfin, que ceux qui n'ont pas d'autre moyen que de cultiver des plantes sur un balcon ne soient pas trop frustrés, je pense qu'on peut appliquer, en les adaptant, les mesures 2, 4, 5, 6 et 7.